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Sa longue robe soyeuse, qui
ondule autour de son corps sinueux, lui donne l'allure d'une plume et
la grâce d'un souverain.

Ici,
dans notre pays, n'importe quel chat à poil long est
baptisé angora. Cependant, celui que l'on appelle angora
turc, le véritable angora, reste pratiquement inconnu. La
raison ? il est victime d'une terrible injustice : en fait, il a
donné naissance au persan, qui l'a ensuite
détrôné.Autrefois, le nom d'angora
était destiné aux magnifiques chats à
poil long qui vivaient près d'Angora, la capitale de la
Turquie (aujourd'hui, Ankara). D'ailleurs, les Turcs vouent toujours
à ce chat un véritable culte puisqu'ils ont
été jusqu'à le déclarer
"trésor national".
La légende dit que Mustafa Kemal, le libérateur
de la Turquie, se réincarnera dans un angora blanc aux yeux
vairons. D'où la vénération du peuple
pour un chat de ce type... C'est au XVIème
siècle, que les angoras ont été
importés en France. Ils étaient si beaux, qu'on
les offraient aux rois. Louis XV et Marie-Antoinette les
appréciaient beaucoup. Il faut bien dire que ce chat a une
allure royale. Ses poses toujours gracieuses et fières
dégagent une souveraine élégance,
surtout lorsque, assis, il se tient droit et ramène sa queue
devant lui, comme une traîne. D'ailleurs, c'est
peut-être en fréquentant l'antichambre des rois,
que lui est venue cette grâce majestueuse !
Intelligent,
doux et intuitif, avec toutes ces
qualités, il est bien dommage que ce chat soit si peu connu
en France ! Si l'on en croit une autre légende, l'angora
posséderait une vertu supplémentaire : si vous le
regardez droit dans les yeux, il exaucera tous vos vœux... De
quoi plaire aux plus exigeants !
Comme son nom l’indique, l’angora turc est
originaire de Turquie. Il semblerait qu’il ait
été domestiqué en premier par les
Tartares et les Chinois dans la ville même d’Angora
(ancien nom d’Ankara). Quant à l’origine
du poil long, il n’y a plus de mystère : cette
mutation du gène sauvage "poil court", originel du chat
domestique, est apparue au Moyen-Orient. De Perse ou de Turquie, le
poil long est venu d’Asie, des bords de la Mer Noire
à la mer Caspienne.
La population Turque considérait les chats blancs
à poils longs comme des objets de grande valeur que les
riches marchands de la route de la soie
s’échangeaient en guise de porte-bonheur dans leur
palais d’Ankara. Au 17ème siècle,
l’angora turc fut découvert par Pietro Della
Valle, grand navigateur Italien, parti oublier un chagrin
d’amour dans un périple qui allait le mener
à Jérusalem. La description qu’il en
fit à son retour séduit tant le naturaliste
français, Nicolas Claude Fabri de Pereisc, que ce dernier
n’a de cesse d’en emporter en France et devient
ainsi le premier éleveur de chat de race.
A cette époque il n’y avait pas de chat
à poils long en Europe, l’angora turc va
très rapidement devenir un présent
très apprécié de
l’aristocratie et la grande bourgeoisie. Richelieu, Louis
XIV, LouisXV, Louis XVI, Marie-Antoinette, la Pompadour …
s’entichent d’Angoras
célèbres tel "Brillant" à Louis XV. La
noblesse Européenne le recherche et
l’achète à prix d’or car il
est considéré comme un objet de luxe. Les
peintres célèbres de
l’époque et jusqu’en 1860
représentent l’Angora Turc sur leurs tableaux, tel
"l’enfant et le chat", "Un chat guettant un oiseau de JJ.
BACHELIER en 1761, "l’atelier du peintre" de G. COURBET en
1855,où il représente son angora blanc "Etoile".
Buffon
décrit dans son histoire naturelle (1756), les trois
races de chats connues à l’époque : le
catus domestic (Européen), le chat des Chartreux et le catus
Angorensis, notre angora turc. Vers 1880, sur le Vaudour
ancré dans le port d’Istambul,
l’écrivain Pierre Loti baptise son angora blanche
aux yeux impairs, Belkis. Mais c’est en Angleterre que
l’angora turc commença à
intéresser les éleveurs. Le
célèbre juge britannique H. WEIR
décrit ainsi la race dans son ouvrage "Our cats and all
about them" (1889) "les meilleurs sont d’un blanc pur aux
yeux bleus. Les couleurs sont variées, mais le noir et le
bleu, qui doivent avoir les yeux oranges, sont les plus
appréciés après la
variété blanche". Les couleurs poseront toujours
un problème à cette race. En effet, 9 ans
après la parution du livre d’H. WEIR, il fut
décidé de n’accepter que
l’angora turc blanc. Cette histoire de couleur reviendra sur
le tapis par la suite et divise toujours les opinions à
l’heure actuelle.
Après ces
débuts fracassants, les choses allaient se gâter
pour l’angora. Les éleveurs anglais se mirent
à croiser leurs angoras avec des chats
d’Afghanistan à poils longs et laineux pour
créer le Persan. Ils réussirent
au-delà de leurs espérances, obtenant ce
merveilleux félin que nous connaissons tous. Mais si le
Persan triompha, le pauvre angora sombra dans l’oubli.
Personne ne parlait plus de lui, "angora" désignait
n’importe quel chat à poils longs. Le public
employait (et emploie encore) ce terme pour parler d’un
persan ou d’un chat de maison à poils longs ou
mi-longs. Beaucoup de chats de maison, issus de croisements avec des
chats à poils longs, sont appelés angora,
à tort toutefois car il ne s’agit pas de chats
appartenant à cette race particulière. En
Turquie, on s’était ému de voir les
Britanniques abandonner l’angora qui les avait tant
séduit. A la fin de la seconde guerre mondiale, le zoo
d’Ankara voulu sauver son angora national (nommé
Ankara kédi –chat d’Ankara), il interdit
son exportation et sélectionne une trentaine
d’Angoras blancs aux yeux bleus, ambre, verts et impairs. Ils
auraient pu croupir longtemps au zoo si les Américains ne
s’y étaient brusquement
intéressés.En 1962, Colonel et Mrs Walter Grant
de l'US Armée obtinrent une permission spéciale
pour importer un couple de ces chats aux Etats-Unis. Ils
s’agissaient d’un mâle blanc aux yeux
impairs "Yildiz" (star) et d’une femelle blanche aux yeux
ambre "Yildizcik" (starlette). La première portée
d’angoras turcs américains vit le jour quelques
mois plus tard. Il s’agissait de Mustapha mâle
blanc aux yeux impairs et de Shuna Aïsha, femelle blanche aux
yeux ambre, qui furent enregistré dans un livre
d’origine américain, la CFA. La race fut ainsi
reconnut officiellement. En 1967 première
réapparition de trois angoras turcs en exposition au meeting
annuel de la CFA à Los Angeles. Vers la fin des
années 60, un petit groupe d’éleveurs
fondèrent "The Original Turkish Angora Society" pour
promouvoir le pur angora turc blanc. A partir de là, la race
va se répandre dans différents pays
d’Europe, en Hollande et en France notamment.
Beaucoup d’éleveurs américains
voulaient privilégier le blanc, ce que fait toujours, en
Europe, la Fédération Internationale
Féline (FIFé), qui ne reconnaît aucun
autre ton. En revanche, la CFA, a admis en 1978 de nombreuses
variétés de couleurs, suivie par divers clubs
indépendants Européens. Actuellement nous pouvons
admirer des angoras noirs, bleus, roux, crèmes, smoke,
tabbies, bicolores, calico, bref, à peu près
toutes les couleurs connues sauf le motif colourpoint.
L'Angora Turc idéal
est une sorte de paradoxe: une créature gracieuse
parfaitement équilibrée, avec une robe fine et
soyeuse, dont le doux flottement contraste avec un corps fin, mais
ferme et musclé. Chez lui, l'élégance
est plus importante que la taille; ce point doit être une
priorité lors du jugement. Les mâles sont
légèrement plus grands que les femelles. Les
chats de cette race sont intelligents, actifs, et réagissent
bien aux manipulations douces mais fermes.
L’angora turc est un chat très affectueux et
joueur. La présence d’enfants autour de lui le
comble de joie. Ces derniers ont en effet plus de temps à
lui consacrer que les adultes et l’angora turc aime que
l’on s’occupe de lui !
C’est un chat intelligent qui s’éduque
sans aucun problème, encore faut-il, par moment,
être assez ferme pour lui faire comprendre les interdits car
il est têtu.
Attention à vous c’est un charmeur ! Il saura vous
faire craquer avec ses ronrons et ses câlins pour vous faire
passer l’envie de le disputer, si par malheur il avait fait
une bêtise. Il est également très
sociable, il aime tout le monde sans aucune distinction
(exceptés ceux qui auraient pu lui faire du mal bien
sûr) et il est très curieux. Il participe
à toutes vos activités avec beaucoup
d’intérêt.
L’angora turc est un chat qui a besoin d’attention
et de tendresse, alors pour les maîtres
n’appréciant pas particulièrement les
chats "pot de colle", mieux vaut choisir une autre race sinon vous le
rendrez malheureux
Photos ©
Chatterie de Bab-i-Saadet
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