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Histoire de la voyance

Dans l’Europe chrétienne, la voyance a souvent été considérée comme diabolique, relevant de pratiques magiques et de sorcellerie. De la même manière les états modifiés de conscience et toutes les formes de transes ont été largement interprétés comme phénomènes de possession jusqu’au dix-neuvième siècle. Au Moyen Age, existait une large palette de techniques de clairvoyance : divination par le miroir, divination dans un récipient d’eau claire, divination par les flammes ou la lumière d’une chandelle, géomancie (divination par la terre et les cailloux). Ces thèmes et pratiques magiques mélangeaient les références culturelles et religieuses. Au milieu du dix-neuvième siècle, la voyance devient un métier et a pignon sur rue, prenant une vraie place dans la société. Elle console, rassure, prédit l’avenir en mélangeant volontiers les pratiques du somnambulisme à un attirail folklorique (boule de cristal, marc de café). Ces voyants sont majoritairement des femmes. Elles sont nommées successivement somnambules extra-lucides, sibylles, pythonisses, cartomanciennes et … sorcières ! Elles assiègent les salons, les antichambres et les cabarets à la mode, se mêlant aux magnétiseurs, médiums et illusionnistes. La voyance est aussi un spectacle. Cette attraction suscite une réelle curiosité intellectuelle. Tarot et chiromancie sont les deux principaux supports des voyantes. Des traités sur la chiromancie sont rédigés vers 1840. La conviction que l’on peut lire sur des détails du corps les capacités intellectuelles et psychiques d’un être humain « s’objective » autour de différentes sciences qui naissent à cette époque : anthropologie, ethnologie et phrénologie. La chirognomonie, ou l’art de reconnaître les tendances de l’intelligence d’après les formes de la main parait recevable à certains savants crédules de l’époque. Chiromancie et astrologie se retrouvent parfois mêlées pour la dénomination des mains portant des traces de correspondance planétaire. Au vingtième siècle, les frontières s’estompent entre voyance et astrologie qui deviennent intimement liées. Leurs supports de prédictions usent de l’ancien comme du moderne : tarot, boule de cristal, numérologie, chiromancie, graphologie et astrologie. C’est alors que la voyance s’introduit sans poser de problème dans les journaux de la presse hebdomadaire à grand tirage sous la forme de prédictions régulières et d’horoscopes. Bientôt l’astrologie trouve une place sociale importante et s’insère dans les nouveaux médias : la radio, la télévision puis internet. Elle renouvelle ses concepts et ses références en prenant appui sur la psychologie et la psychanalyse. Comme l’astrologie, la voyance n’est plus questionnée aujourd’hui, elle va de soi. Présente dans tous les médias, sa véracité est peu souvent interrogée et ce depuis des décennies. Le recours aux astres ou à la voyance est rassurant, directif, simple et subjectif, il permet de contourner les obstacles et d’éviter d’affronter les problèmes. C’est une alternative à toute réflexion critique. Les Chaldéens sont probablement les premiers à avoir établi des horoscopes pour prédire l’avenir de l’homme. Cette astrologie gagne la Grèce. Les noms des planètes s’actualisent et se renouvellent en conservant leur liens religieux et anthropologiques : ceux de la mythologie grecque remplacent ceux des divinités chaldéennes. Cette pseudoscience se répand ensuite dans le monde gréco-romain. La mythologie devient ainsi une des composantes majeures dans laquelle prennent sens les propriétés astrales, qui demeurent jusqu’à nos jours.
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